• Le Lierre – Julie Sorel
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Le Lierre – Julie Sorel

75,00

De la série « Semblant de nature », 2010.

Tirage sur papier 80g, autocollant

Format 8 x 8 cm

Boite de 450 ex

5 en stock

Catégorie :

Description

Texte de John Navarro

Ecrire sur le travail de Julie Sorrel, c’est non seulement se confronter  à une démarche complexe et aux multiples stratifications, mais c’est aussi se représenter une création imaginaire articulée par des œuvres qui se donnent souvent l’air de ne pas en être.

Sorrel marque son ambition comme son territoire.

Elle place le spectateur  face à une architecture parcellaire à recomposer. Il prendra alors plaisir à déambuler au sein du monde parallèle et sans issue que l’artiste se construit avec rigueur et obstination.

Un univers, point fantasmatique mais plutôt inspiré par l’ordinaire. Les lieux d’expositions, elle les peuple de fantômes de son quotidien, comme si ses œuvres étaient une façon de combler un vide, de s’entourer. Ses sujets lui sont proches, toujours de son entourage. Autant de représentations soigneusement choisies parmi les objets d’usage courant les plus rassurants. L’utilisation de l’échelle un pour la totalité des pièces nous fait entrer avec assurance dans un rapport de séduction quasi-immédiat. Ses valeurs esthétiques n’ont pourtant rien d’ostentatoire, luxueux ou distinctif, ils ont la marque de la simplicité et la légitimité du commun. Modeste comme ont pu l’être les ready-made, mais  a contrario  de  Duchamp,  ou  d’un  art  conceptuel  tautologique  à  la  Kossuth

– ou aucune connotation n’est engendrée par l’objet qui ne propose que son concept – Sorrel apporte du signifiant par son appropriation, ses détournements et ses interventions.

Car l’artiste s’amuse, se joue du spectateur et se permet toutes les perspectives, s’autorise à toutes les manipulations possibles. Proche des expérimentations raisonnées du cubisme, Sorrel déstructure, froisse, déchire, plie, décompose, recompose, chaque partie de chaque élément, multipliant les points de vue, obligeant à une appréhension fragmentée ou délocalisée.

Cependant, sa détermination à entraver  le bon déroulement de la lecture, n’est pas un obstacle sur le chemin qu’elle nous fraye au centre même de son œuvre.

Car une des originalités de sa production, est d’allier étroitement  le réalisme et l’illusion. Loin d’obéir à une catégorisation qui les opposerait, elle revient à une conception qui voit dans l’un la face cachée de l’autre. Indissociable, se nourrissant mutuellement, cette dualité s’entrechoque, se combine, fusionne, agissant chez elle comme une polarité dynamique qui anime toute l’œuvre. La perturbation est avant tout produite par cette ambiguité car les leurres mis en place n’ont pas vocation à faire illusion, il est plus juste de les considérer comme des « faux semblants ».

Des pièces comme des « ersatz de réalité » qui s’attaquent avec ironie à mesurer les conséquences de l’institution croissante d’une culture de consommation sur notre société contemporaine. Par ses effets de « trompe l’œil », l’artiste nous pousse à aller voir au delà de l’image, des apparences, à réfléchir sur nos propres attentes et responsabilités. L’engagement de cette truqueuse est artistique, et n’a d’égal que la pertinence de ses propositions. C’est sans nul doute « pour rendre la vie plus intéressante que l’art » dixit Robert Filliou que Julie Sorrel est artiste.

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